jeudi 10 août 2017

La légitimité

La légitimité de ne pas aller bien. La légitimité d'être aidée. La légitimité d’être prof de yoga. La légitimité d'être et de continuer malgré tout.

Après avoir bataillé fort avec mon égo (avant de comprendre qu'il n'y avait pas de combat, juste du lâcher prise), me voilà en face de mon souci de légitimité. Ce souci qui m’empêche de faire des tas de choses. De demander de l'aide quand j'en ai besoin. D'écrire sur ce blog et de guider des méditations alors que je n'ai pas déroulé mon tapis depuis des mois.

Je passe mon temps à dire que le yoga ce n'est pas (que) des asanas (des postures). Que les asanas en vrai, c'est juste fait pour préparer la méditation pour atteindre l'éveil. puis que le yoga a bien d'autre branches qui régissent la vie en générale. Le yoga ce n'est pas de l'exercice.
On"fait" pas du yoga, on vit EN yoga.
Et lorsque l'on vit en yoga on ne peut pas se cacher, pas faire semblant.


Et bien me voilà en plein dedans.
Je me suis rendue compte que j'ai plus été en yoga pendant ces 2 dernières années que toutes les heures passées sur mon tapis. À m'occuper des autres, à apprendre à m'occuper de moi. À appréhender la vie sans aucune zone de confort, avec des racines en suspension et à devoir me ramener constamment dans le présent, juste pour survivre. Oui, survivre.
C'est épuisant. Et incroyablement riche.
Et je remercie tous les jours ce bagage incroyable, ces professeurs merveilleux qui ont croisé mon chemin et qui m'ont outillé pour faire face à tout ça. Pour laisser aller. même si c'est la chose la plus difficile au monde.
Je commence à entrevoir ma propre guérison à travers les épreuves. Je commence à comprendre que ma fragilité est une force. Je commence à reprendre le contrôle de mon pouvoir. Et à comprendre ma légitimité.

Tout ça pour dire que je serai de retour à partir de septembre chez OmYoga pour guider tous les dimanches soir un belle séance de médiation au son des bols tibétains. Puis que je n'ai jamais été aussi certaine d'être à la bonne place.

Et je vais essayer de tout mon cœur d’être de retour plus régulièrement ici. Merci pour vos messages, ils m'ont réellement fait du bien à l’âme.

vendredi 30 juin 2017

De la vie, de la mort et de ce qu'il y a entre les deux.

1 an et 10 jours depuis mon dernier post.
Toute une vie s'est écoulée depuis.

J'écris ce post pour ceux qui me suivent depuis longtemps. Un post beaucoup plus personnel que d'habitude (si tant est qu'on puisse encore parler d'habitude).


Novembre 2015. Coup de fil à 5h du matin. Chez les expatriés, on n'aime pas trop les coups de fil de 5h du matin. On sait que c'est soit la grand-mère qui s'est encore trompée dans les fuseaux horaires soit des mauvaises nouvelles de l'autre coté de l'Atlanique .

Ma maman, toute seule en France, a une maladie grave. Du genre quelques mois à vivre.
Billet d'avion pris pour 1 mois et demi. Finalement, presque 5 mois en France, à veiller des nuits entières, à l'accompagner du mieux que je pouvais entre les médicaments, les méditations anti-douleur, le chamanisme, les bols, les huiles essentielles. 5 mois ou j'ai mis ma vie entre parenthèse grâce à l'appui indéfectible de mon amoureux, où j'ai pu être exactement là où je devais être sans me soucier (trop) de ma vie à Québec. 5 mois où je me suis découvert une force que je ne me connaissais pas. 5 mois à profiter de ma maman encore un peu.
Puis le retour, une accalmie. Une rémission comme ils disent.
2 mois à Québec où je me suis occupée de moi, où j'ai rechargé un peu mes batteries. Mes amis ont été là. Mais j'ai aussi compris que j'étais totalement en décalage avec ma vie d'avant.
Puis la cerise sur le sunday : je tombe enceinte. 
De jumeaux.
La vie....

Je refais quelques allers-retours en France, entre grossesse à risque et besoin d'aider. 
Fin septembre, on pense que c'est la fin. Je décale mon voyage jusqu'à la dernière limite où c'est sécuritaire pour les bébés de voyager, mais je suis obligée de rentrer en sachant que c'est probablement la dernière fois que je vois maman.
Je suis épuisée. Je suis hospitalisée  au repos complet (sans internet, sans TV dans un chambre double. Déprime) pour menace de travail prématuré (mais les bébés sont top shape). Je mets en branle mon réseau pour nous soutenir, en yoga en méditation, en travail énergétique, en reiki, en chamanisme, en acupuncture. Finalement, les bébés et moi on se rend au déclenchement. Champions.

Sauf que, l'accouchement est difficile, à mille lieu de mon accouchement-à-l'hopital-mais-un-peu-grano-quand-même que je voulais. Les bébés vont super bien. Moi je suis démolie. Et je fais des complications.
Maman s'en va 2 semaines près la naissance des amours, sans que je puisse lui dire au revoir; elle ne savait plus vraiment où elle était.
Pour moi, 2 mois d'allitement, plusieurs allers-retours à l'hopital. Un amoureux absolument fantastique qui gère tout.
Puis, je perds mon grand père.
La vie....

Des bébés adorables mais très exigeants. Fois deux.
Le physique qui commence à se remettre tout doucement. Les deuils que je n'ai pas le temps de faire.
Mon tapis que je n'ai pas déroulé depuis des mois. Mais un atelier de méditation que j'ai facilité et qui était étonnamment facile pour moi.

Le rejet total de tout ces bons conseils de type "force toi de voir le positif dans les épreuves", parce que parfois il n'y en a pas. Il faut juste passer à travers. Go with the flow. En essayant juste de garder les morceaux de soi le plus intact possible, en essayant de ne pas les perdre dans les tempêtes.

Cependant, l'impression que de tout ça va émerger une version plus forte de moi-même. Une version différente, mais plus ancrée, plus centrée sur l'essentiel. Plus en mesure de devenir une professeure de yoga qui incarne ce que je veux incarner.

Pour l'instant, je m'occupe de mes amours, de ma famille et j'essaye de me réaligner avec la vie. De remonter la pente. De refaire mes réserves. Le décalage est toujours là. Ça va demander du travail et beaucoup de douceur.
Chaque chose en son temps.

Mais j'ai envie de recommencer à écrire.
Peut-être ici?

lundi 20 juin 2016

Mon meilleur outil bien-être : Facebook

BOOM.
Oui. C'est étrange ce titre, hein?
Un réseau social, un outil bien être?

Si vous avez un peu suivi, bien que je n'en ai que peu parlé, j'ai passé plusieurs mois physiquement loin de chez moi à prendre soin de ma famille.
Être loin de ses repères, de son amoureux, de ses amis, de ses projets pendant 5 mois, en ayant eu exactement 7 jours de préavis c'est pas exactement super méga facile. Surtout que c'était pas pour une retraite de yoga à Bali, on s'entend.
Physiquement et psychologiquement, il y a l'épuisement, la lassitude, le manque d'ancrage. Le quotidien est chamboulé, il n'y a plus rien à quoi s'accrocher. Plus de moment pour prendre soin de moi, plus de moment pour être seule avec moi-même. Et plus de connexion réelle avec mes proches ici au Québec.

Et bah tu sais ce qui m'a permis de tenir le coup?
Facebook.
Ça a été non seulement le meilleur dispositif d’évitement au monde (tu sais, quand la réalité est juste trop à gérer et que ton cerveau à besoin d'un dérivatif le temps d'avoir la force de gérer le tout? Évitement), mais ça m'a permis de garder contact avec ma vie à moi, loin là bas.
J'ai pu écrire, beaucoup, certains ont dit trop, mais je m'en fiche. J'ai pu choisir aussi qui voyait tout ça, grâce aux paramètres de confidentialité.
J'ai reçu des dizaines de messages, publics ou privés de gens qui sont, grâce à tout ça, passés de connaissances à amis. De gens qui m'ont dit que je leur manquais, de gens qui ont maintenu mon espace et gardé ma place sans que je n'ai à demander. Des gens qui ont pris soin de moi. Et qui ont été là "en vrai" à mon retour.


J'ai pu aussi donner de mes nouvelles lorsque je n'avais pas l'envie ou la force d'écrire 8000 messages perso. Une photo, un mot, pour dire que tout va bien ou que non, ça va pas trop, et les réponses de mes amis qui comprenaient que leur présence virtuelle à défaut d'être physique était indispensable.
Une solidarité, un appui, un amour incroyable. Qui aurait été plus difficile à maintenir sans Facebook.

Alors en cette époque où faire une "détox des réseaux sociaux" est la nouvelle mode, moi je dis prout. Rendez vos réseaux sociaux bienveillants, remplissez-les de gens que vous aimez et qui vous aiment, choisissez votre réseau, faites en sorte d'y trouver ce dont vous avez besoin. Avec les paramètres de confidentialité toujours plus pointus, vous n'avez aucune excuse pour voir des choses que vous ne voulez pas voir ou partager avec des gens avec qui vous ne voulez pas partager. C'est tellement simple.
Pour moi, les gens qui disent que Facebook empêchent de vivre la "vraie vie" ne savent juste pas s'en servir.
Parce que sans mon Facebook (et les gens fantastiques qui le peuplent), moi, je n'aurais pas tenu le coup. Vraiment.

Et vous, vous avez une belle histoire de réseau social à partager?


vendredi 10 juin 2016

Guider mes premiers cours de Yoga

***DISCLAIMER
Professeure de Yoga.
Voilà. J'"enseigne" le Yoga. Je suis donc, logiquement "professeure".
Sauf que, come on, who am I kidding, qui peut réellement prétendre "enseigner" le yoga? L'enseignement requiert une maitrise d'un sujet. La personne qui prétend maîtriser le Yoga n'a rien compris au Yoga.
Le Yoga ne se maîtrise pas, le Yoga se vit. Le Yoga n'est pas quelque chose que l'on apprend, mais quelque chose que l'on transforme. Et nos connaissances en Yoga ne peuvent pas être figées, elles évoluent avec nous.
Je ne considère pas que j'enseigne, je considère que je "transmets" ce que j'ai compris du Yoga à un temps T, ce qui, je l'espère, amène les gens à trouver leur Yoga à eux. À comprendre quelle est leur voie. Et que leur voie est différente de la mienne Je n'ai rien à enseigner à personne.
Transmitteuse? Facilitatrice? Élève éclairée? Il n'y a pas vraiment de mot en fait. On va donc continuer à utiliser "professeure de Yoga" mais je suis pas vendue au concept ;)


Ça brasse, comme on dit au Québec. Ça brasse fort, ces premiers cours de Yoga.
Ça me ramène vraiment à l'égo. Ça me ramène à la personne que je n'ai pas envie d'être mais que je suis un peu. Je ne me suis jamais sentie aussi vulnérable que devant une salle d'inconnus en leggings. Toute nue. Sans rien pour me cacher.
L'égo est là, comme l'envie de plaire. L'envie que les gens t'aiment, qu'ils se disent "MY GOD, c'est la MEILLEURE prof de Yoga que j'ai eu". Sauf que non, le Yoga ça ne fonctionne vraiment pas comme ça.
Plusieurs fois, je me suis retrouvée face à un dilemme: laisser mon égo prendre le dessus et faire ce que les élèves avaient envie de faire. Ou rester dans mon centre et faire ce que je savais être juste, mais qui ne ferait pas l'unanimité pour les personnes présentes.
J'ai fait les deux. Et je vous le mets dans le mille : lorsque c'est l'égo qui dicte mon cours, c'est la catastrophe. Lorsque c'est mon centre qui fait la job, c'est TELLEMENT facile et parfait.
Alors oui, en tant que professeure de Yoga, il faut accepter qu'on ne peut pas plaire à tout le monde. Que certaines personnes ne reviendront pas dans ton cours. Et c'est BEN correct. C'est difficile pour l'égo, mais c'est tellement normal et sain finalement.

Et puis cette peur initiale. De ne pas être à ma place. De faire une pâle copie de ce que mes professeurs m'ont transmis. Du plagiat.
Et finalement non. Lorsque je sors du mental, l'impression viscérale d'être exactement à ma place. D'avoir encore du chemin à faire, bien entendu, mais d'être sur la bonne route. Et puis le sentiment de ne pas faire de plagiat. De plus en plus, je suis capable de mettre ma couleur, mon coeur à moi dans ce que je transmets, à partir des bases que l'on m'a donné. Piocher dans tous mes outils, les passer à travers les lunettes de mon expérience, de mon vécu, de ma pratique et transmettre ma vérité à moi, celle de personne d'autre. Certainement le plus gros des challenges.

Puis cette gratitude envers tous mes professeurs. Je me rends compte à quel point, jusqu'ici, j'ai eu de la chance. J'ai l'impression d'avoir réellement été formée par les meilleurs, en tout cas, les meilleurs pour moi. Parce que je ne suis pas perdue face à tout ça. Parce que j'avance pas à pas avec une base saine, solide et extraordinairement sécuritaire, mais avec assez de liberté pour pouvoir me trouver en tant que professeur sans être le clone de quelqu'un.
Gratitude envers toutes les personnes sur ma route qui facilitent mon chemin en ce moment.

Finalement, je suis certaine que j'en apprends plus sur le Yoga lors de mes cours que les gens en face de moi ;)
Gratitude. Humilité. Respect.

TO BE CONTINUED <3

mercredi 27 avril 2016

Les photos en yoga, l'image que l'on choisi (Partie II)

Je suis vraiment impressionnée par les réactions que j'ai eu suite à la publication de la première partie de ma réflexion personnelle sur les photos et le yoga. Je pensais provoquer une mini shitstorm, me mettre des gens à dos. Au lieu de ça, j'ai eu de vraiment beaux messages de gens que mon post a fait réfléchir. Et même si tout le monde n'est pas d'accord, le débat était intelligent et respectueux. Parfait <3

Forte de cette expérience, j’aimerai partager la suite de la réflexion que j'ai en ce moment, à savoir la problématique des photos d'asanas (postures) sur les réseaux sociaux.
 
Avec la multiplication des réseaux sociaux et l'omniprésence de l'égo et de l'image dans la société on voit la multiplication exponentielle de photos d'asanas les plus acrobatiques les uns que les autres dans notre quotidien. Parce que, qui voudrait voir quelqu'un faire un simple balasana, right?
Pas pas si right que ça en fait.

Lorsque j'avais posé la question sur Facebook il y a un petit bout de temps, vous avez été nombreuses à me répondre que ce genre de photo vous motivaient vraiment, vous incitaient à vous dépasser et à sortir de votre zone de confort. Vous avez été tout aussi nombreuses à me dire que ce genre de photo vous déprimaient, ou pire, qu'elles vous décourageaient de commencer le yoga.
Wait, WHAT?

Certaines choses que j'ai lu m'ont mis mal à l'aise. Le yoga ce n'est pas des postures acrobatiques. En tout cas pas des postures acrobatiques pour faire des postures acrobatiques. Puisque les asanas (postures) ne sont pas un but, mais un moyen d'arriver à Samadhi, l'illumination ultime, à travers la méditation, que l'on prépare avec les asanas.
Ça change un peu la perspective, non?

Souvent, la posture la plus difficile en yoga: rester en silence et en présence avec soi-même.

Et contrairement à ce que fait croire l'instantanéité d'une photo, je ne connais aucun yogi qui fait des handstands, des scorpions, des danseurs ou des équilibres en torsion sans s'être auparavant échauffé en malade. Et avoir pratiqué plusieurs années souvent. (et ndlr: ce ne sont souvent pas les postures les plus acrobatiques qui sont les plus difficiles à réaliser). Mais ça, on ne le voit pas sur une photo.

Personnellement, j'adore voir l'évolution de mes amis ou de yogis que je suis depuis longtemps. Les voir peu à peu maitriser une posture compliquée et le voir documenter sur leurs réseaux sociaux, je trouve ça vraiment super inspirant. Et croyez moi, lorsque j'aurai mon équilibre sur les mains, vous allez en entendre parler solide :)

Mais la question que je me pose réellement lorsque je vois des photos d'asanas complexes estampillés "yoga" c'est : dans quel but la personne a posté cette image? Pour motiver les gens? Pour faire un changement positif dans la communauté? Pour booster son égo? C'est souvent un combo de ces réponses.
Récemment, je me suis désabonnée de plusieurs comptes de yogis qui ne faisaient poster QUE ça: des photos et des vidéos d'elles en train de faire des postures de folie, comme si leur pratique ne consistait que à faire ça. Et c'est peut-être le cas en fait. Sauf que là, on est clairement dans l'égo, et ce n'est personnellement pas ce que je recherche dans le yoga. Parce que dans les enseignements que j'ai reçu, on m'a appris que l'égo n'était pas un ennemi lorsqu'il n'est pas omniprésent, mais qu'il ne devait pas tout de même pas être trop nourri.

Alors oui, c'est CERTAIN que des images de postures ultra exigeantes et impressionnantes vont amener des gens qui ne s'intéressaient pas au yoga à s'y intéresser et c'est tant mieux! Sauf qu'il ne faut pas oublier que ça va également éloigner certaines personne du yoga et ça, c'est vraiment plate "je ne serais JAMAIS capable de faire tout ça, autant ne pas commencer".
Le yoga est une pratique accessibles à tous. J'insiste sur le tous. Aucun "sauf". Les jeunes, les vieux, les athlètes, les handicapés, tous. Si un prof vous donne l'impression que le yoga n'est pas pour vous, changez de prof. Trouvez votre prof, votre yoga, celui qui vous correspond. C'est aussi simple que ça.

Le yoga, ce n'est pas les kramas (variations des postures) avancés à tout prix. C'est le krama qui convient à votre corps à un instant T. Et votre corps est différent de celui de Tara Stiles ou de Kathryn Budig ou de votre voisine de tapis. Il y a des postures qu'on a instantanément, d'autres qu'on doit travailler fort et d'autre qu'on n'aura jamais. Et c'est bien bien correct : c'est le yoga qui s'adapte à nous et pas nous qui devons nous adapter au yoga. Jamais.


Pour terminer sur une note légère, une vidéo très drôle de JP Sears qui met souvent des coups de pieds dans la fourmilière du développement personnel. Une bouffée d'air frais lorsque l'on commence à trop se prendre au sérieux! #LivingLaYogaLoca

dimanche 10 avril 2016

Les photos en yoga, une réflexion (Partie I)

Disclaimer : il n'y a pas de jugement dans ce post ni de vérité absolue. Mon but est éventuellement d'amorcer une réflexion sur le virage qu'est en train de prendre le Yoga, en apportant ma vision personnelle en temps qu'élève, prof stagiaire et Community Manager.


Je déteste me voir en photo et chaque photo de moi sur les réseaux sociaux est méticuleusement réfléchie. Chacun ses complexes.
Je sais que je ne suis pas la seule et que dans notre société basée sur l'image, la manière dont on nous voit en en public est anxiogène pour beaucoup de monde.

Du coup, je m'inquiète réellement d'une mode qui prend de l'ampleur : prendre les élèves en photos. Que ce soit pendant un cours, un atelier, une retraite. Les photos d'élèves pratiquant le yoga sont omniprésentes sur les réseaux sociaux et pour moi, il y a une vraie question éthique a poser.
Et là, vous allez me dire que j'exagère. Que c'est pas une photo qui fait la différence.
Moi je crois que si, justement. Et encore plus lorsque l'on parle de Yoga.

(le yoga, ce n'est pas une question de ce à quoi tu ressembles, mais de comment tu te sens) 

Dans un cours de Yoga, on apprend à se centrer sur soi, à laisser son ego de côté. À se concentrer uniquement sur ses sensations, ce qu'on ressent, ce qu'on est au plus profond de soi. Pas l'image que l'on renvoie, pas ce que pense le voisin. Juste nous.
Un asana (posture) "correct" ce n'est pas l'image qui est dans un livre, ce n'est pas forcément la posture la plus "esthétique". C'est un alignement anatomique et énergétique en adéquation avec NOTRE corps, et le même asana ne sera pas identique pour deux yogis.

Maintenant, imaginez que quelqu'un sache qu'il y a un risque qu'un de ses asanas se retrouve sur Facebook, parce qu'il sait que son prof le fait souvent, ou bien que le prof a demandé la permission avant le début de la classe et qu'il n'aura pas osé être le seul à dire non. C'est difficile de dire non, surtout à un professeur.
Il va faire quoi? Peut-être réfléchir non plus à ce qu'il ressent, mais à ce à quoi il ressemble. Se déconnecter de lui-même. Avec tout ce que ça implique en risques de blessures par exemple.
Vous voyez?

Et il y a aussi la problématique des photos en savasana (relaxation finale). Où souvent il y a des sourires, des pleurs, des émotions qui sortent.
On a l'habitude de dire que savasana est la posture la plus importante d'un cours de Yoga. C'est un moment extrêmement précieux dans une pratique, où les gens sont en intégration, complètement abandonnés à leurs sensations et dans un état de vulnérabilité extrême.
Ça m'est arrivé une fois de me retrouver en photo, allongée en savasana sur Facebook. Et je me suis sentie tellement mal. Comme si on m'avait volé un moment d'intimité.
Je me dis que si moi, avec mes années de pratiques je me sens mal, imaginez un débutant pas encore à l'aise avec son yoga?

Alors est ce que c'est un point sur lequel on (je) doit travailler, laisser-aller ce contrôle sur mon image, mon ego? Certainement. Mais est-ce que c'est à quelqu'un d'autre de prendre cette décision pour moi? Non. Vraiment pas.

Je ne blâme absolument personne. Et je sais que la plupart du temps lorsque des profs postent des photos de leurs cours sur les réseaux sociaux, cela vient du bon endroit dans leur coeur : l'envie de partager avec le monde une belle expérience, une classe particulièrement forte. Graver dans la mémoire un moment intense. Donner envie à d'autres personnes de faire du yoga, de venir à leurs cours.
Cette envie de partage est tout à fait légitime. Et je sais aussi, par expérience, que l'équilibre entre yoga et marketing est vraiment complexe.

Sauf que j'aimerais vraiment qu'en tant que communauté, on réfléchisse à cette question de l'image. Parce que oui, pour en avoir parlé avec de nombreuses personnes, il y a beaucoup (j'insiste sur "beaucoup") de gens qui ne sont pas à l'aise avec le fait de voir une photo d'eux en classe de yoga sur internet. Et qui n'oseront jamais le dire à leur prof.
Me semble que ce serai une chouette solution que les classes "spéciales  photos" se développent.  Il m'est arrivé d'aller à des classes en tant qu'élève, spécifiquement pour des amies qui avaient besoin de photo/vidéo. Et j'en étais bien heureuse. Mais c'était des classes spécifiques pour ça. Pas ma classe du jeudi midi sur l'heure du lunch ou je veux juste me reconnecter un peu à moi, ni une retraite que j'ai payé plusieurs centaines de dollars pour voir une photo de moi pas maquillée-au-réveil en public sur une page avec 5000 abonnés (note: je ne parle pas ici des grands rassemblements public de yoga, je trouve que la problématique est vraiment différente).

Et j'aimerais avoir votre avis sur tout ça, en tant que prof, ou qu'élève.
Vous en pensez quoi? Vous vous retrouvez dans ces réflexions ou vous trouvez que je suis complément dans le champs?

mercredi 23 mars 2016

Lokah Samastah Sukhino Bhavantu

Je ne réécrirais pas encore un post qui explique comment le yoga peut aider lors des évènements d'horreur. Parce que je suis fatiguée d'écrire ça.
Par contre, face aux évènements comme ceux qui viennent de se passer à Bruxelles, je vous propose l'outil le plus puissant qui existe: la paix. À travers un merveilleux mantra.


Lokah Samastah Sukhino Bhavantu 

Que tous les êtres, dans tous les mondes soient heureux et libres. Que mes paroles, mes pensées, mes actions puisse contribuer à cette paix et ce bonheur pour le bénéfice de tous.

Une traduction littérale du sanskrit:
Lokah : tous les endroits, tous les univers qui existent dans le présent
Samastah : tous les êtres partageant ces univers
Sukhino : centré sur la joie et le bonheur, libéré de la souffrance
Bahv : l'intention divine, l'état d'existence unifié
Antu : qu'il en soit ainsi
(source)

C'est un des mantras qui revient souvent chez la merveilleuse Amma. C'est un mantra d'amour universel, de pardon inconditionnel et de paix. C'est le mantra parfait lorsque l'on est face à une douleur immense ou que l'on se sent attaqué par la haine ou envahit par la colère envers soi-même ou quelqu'un d'autre. C'est un mantra qui nous rappelle que la paix se trouve à l'intérieur de nous et qu'en faisant rayonner cette paix en nous, on la fait rayonner dans le monde.
Nous sommes Un.

Ce mantra est incroyablement puissant lorsque récité ou chanté avec intention. Il peut être récité pour soi ou à destination de quelqu'un ou de quelque chose. C'est un mantra qui invite à l'acceptation complète de ce qui est mais aussi à prendre la responsabilité de nos actes et de nos pensées pour engendrer le pardon universel, la seule réponse cohérente face à la haine.

Mes versions préférées ;  celle de Donna De Lory, en sanskrit/anglais, merveilleuse



Celle de Deva Premal et Mitten, surtout pour sa merveilleuse invocation du début



Alors moi, aujourd'hui, j'envoie ce mantra d'amour vers tout ceux qui souffrent, et un peu plus spécifiquement vers la Belgique et le peuple belge. On pense à vous.