mardi 12 septembre 2017

Méditation : Muladhara, le chakra racine (semaine 2 & 3)

Je partage donc avec vous ici le thème de mes séances de méditation les dimanches soirs 18h chez ÔmYoga Quebec. J'en profite pour remercier les gens pour toute cette énergie bienveillante.


Pour les deux prochaines séances, nous allons nous concentrer sur le premier chakra (centre énergétique), le chakra racine.
Je vais dire un gros statement pour le coup, mais mon sens, il s'agit du chakra le plus important. c'est le chakra de base, celui avec lequel on se connecte à la Terre, celui qui contient nos racines et sur lequel reposent tous les autres chakras. Lorsque le chakra racine est débalancé, tous les autres sont ébranlés. on peut ressentir de l'anxiété, de l'insécurité, de la panique. Le mode "fight or flight", notre instinct de survie, est activé. C'est le lieu de notre présence, là où notre être prend racine.
Ce chakra est particulièrement sensible aux périodes de changements dans nos vies. Il est le premier impacté lorsque l'on vit des choses qui chamboulent notre quotidien, lorsque l'on perd des repères. C'est le chakra de la sécurité, celui qui régit nos besoins primaires.

Nous entrons dans l'automne, saison VATA, où l'élément air est particulièrement puissant et où l'on peut se sentir déraciné. Rajoutons à cela la rentrée, et il faut apprendre à prendre soin de son chakra de base. Comment? Manger des légumes racine, des épices réchauffantes. Faire des méditations d'ancrage, cultiver la gratitude et le contentement. Faire des asanas (postures) proches du so, ou, les 2 pieds solidement ancrés. Cela peut être aussi simple que de prendre quelques instants dans sa journée pour respirer 3 ou 4 fois en allongeant doucement l'expiration.


Chakra racine, MULADHARA

Couleur: rouge
Localisation : centre du corps au niveau du périnée (rayonne dans les jambes et les pieds)
Élément: Terre
Affirmation: JE SUIS
Sens associé : l'odorat
Symboles: le lotus à quatre pétales
Forme géométrique : le carré (inclus dans un cercle et contenant un triangle pointant vers le bas)
Exemples de cristaux associées : tourmaline noire, grenat, aragonite
Exemple d'huile essentielle associée: cédre, vétiver, cannelle
Bija Mantra: LAM

vendredi 8 septembre 2017

Chakras et méditation aux bols tibétains: introduction

Ce dimanche je débute une nouvelle session de facilitation de méditation avec les bols tibétains chez ÔmYoga après 1 an d'arrêt-bébé. Ce sera les dimanches soirs à 18h histoire de bien clore la semaine et d'en entamer une nouvelle sur de bonnes bases. J'ai vraiment hâte de retrouver ce superbe studio. Je vais essayer de mettre sur le blog toutes les 1 ou 2 semaines les thèmes de mes cours parce que je pense que cela va intéresser tout le monde et me redonner l'élan d'écrire ici.


Cette session, comme l'année dernière, mes cours vont se concentrer sur les chakras. Ce sont les centres énergétiques selon la tradition yogique/ayurvedique et le truc le fun c'est que pas besoin d'y "croire" ou des les connaître pour pouvoir les travailler.
Surtout qu'on les a tous expérimenté déjà: qui m'a jamais eu une "boule au ventre" avant de faire quelque chose d'important? Bim, chakras du plexus solaire, siège de l'action. Ou la "voix qui tremble" en annonçant une grande nouvelle? Chakra de la gorge, lieu où l'on assume notre vérité. 
Cette semaine nous allons donc prendre contact avec nos chakras et voir dans quel "état" ils sont. En effet en fonction de notre nature profonde mais aussi des événements de notre vie, nous avons presque tous des déséquilibres énergétiques. Certains chakras sont affaiblis, d'autres en suractivité. Mais surtout il suffit parfois d'un seul chakra débalancé pour impacter tous les autres et le ressentir fort.
Durant cette session je ne propose pas de régler les problèmes associés à des chakras en déséquilibre, mais juste de partager quelques outils méditatifs pour se connecter à eux et apprendre à en prendre soin. Ainsi, il y aura 2 séances successives de méditation sur chaque chakras, qui seront parfois identiques (pour approfondir le travail amorcé) et parfois différentes. Le tout facilité en douceur par les vibrations des bols tibétains qui permettent d'accéder plus facilement à ces centres d'énergie.
Puis cela va me donner l'opportunité d'écrire ici la série de post sur chaque chakras qui est dans mes brouillons depuis le début du blog.

Qui embarque?

ÔmYoga
1480 Boul. Louis XIV
Quebec

jeudi 10 août 2017

La légitimité

La légitimité de ne pas aller bien. La légitimité d'être aidée. La légitimité d’être prof de yoga. La légitimité d'être et de continuer malgré tout.

Après avoir bataillé fort avec mon égo (avant de comprendre qu'il n'y avait pas de combat, juste du lâcher prise), me voilà en face de mon souci de légitimité. Ce souci qui m’empêche de faire des tas de choses. De demander de l'aide quand j'en ai besoin. D'écrire sur ce blog et de guider des méditations alors que je n'ai pas déroulé mon tapis depuis des mois.

Je passe mon temps à dire que le yoga ce n'est pas (que) des asanas (des postures). Que les asanas en vrai, c'est juste fait pour préparer la méditation pour atteindre l'éveil. puis que le yoga a bien d'autre branches qui régissent la vie en générale. Le yoga ce n'est pas de l'exercice.
On"fait" pas du yoga, on vit EN yoga.
Et lorsque l'on vit en yoga on ne peut pas se cacher, pas faire semblant.


Et bien me voilà en plein dedans.
Je me suis rendue compte que j'ai plus été en yoga pendant ces 2 dernières années que toutes les heures passées sur mon tapis. À m'occuper des autres, à apprendre à m'occuper de moi. À appréhender la vie sans aucune zone de confort, avec des racines en suspension et à devoir me ramener constamment dans le présent, juste pour survivre. Oui, survivre.
C'est épuisant. Et incroyablement riche.
Et je remercie tous les jours ce bagage incroyable, ces professeurs merveilleux qui ont croisé mon chemin et qui m'ont outillé pour faire face à tout ça. Pour laisser aller. même si c'est la chose la plus difficile au monde.
Je commence à entrevoir ma propre guérison à travers les épreuves. Je commence à comprendre que ma fragilité est une force. Je commence à reprendre le contrôle de mon pouvoir. Et à comprendre ma légitimité.

Tout ça pour dire que je serai de retour à partir de septembre chez OmYoga pour guider tous les dimanches soir un belle séance de médiation au son des bols tibétains. Puis que je n'ai jamais été aussi certaine d'être à la bonne place.

Et je vais essayer de tout mon cœur d’être de retour plus régulièrement ici. Merci pour vos messages, ils m'ont réellement fait du bien à l’âme.

vendredi 30 juin 2017

De la vie, de la mort et de ce qu'il y a entre les deux.

1 an et 10 jours depuis mon dernier post.
Toute une vie s'est écoulée depuis.

J'écris ce post pour ceux qui me suivent depuis longtemps. Un post beaucoup plus personnel que d'habitude (si tant est qu'on puisse encore parler d'habitude).


Novembre 2015. Coup de fil à 5h du matin. Chez les expatriés, on n'aime pas trop les coups de fil de 5h du matin. On sait que c'est soit la grand-mère qui s'est encore trompée dans les fuseaux horaires soit des mauvaises nouvelles de l'autre coté de l'Atlanique .

Ma maman, toute seule en France, a une maladie grave. Du genre quelques mois à vivre.
Billet d'avion pris pour 1 mois et demi. Finalement, presque 5 mois en France, à veiller des nuits entières, à l'accompagner du mieux que je pouvais entre les médicaments, les méditations anti-douleur, le chamanisme, les bols, les huiles essentielles. 5 mois ou j'ai mis ma vie entre parenthèse grâce à l'appui indéfectible de mon amoureux, où j'ai pu être exactement là où je devais être sans me soucier (trop) de ma vie à Québec. 5 mois où je me suis découvert une force que je ne me connaissais pas. 5 mois à profiter de ma maman encore un peu.
Puis le retour, une accalmie. Une rémission comme ils disent.
2 mois à Québec où je me suis occupée de moi, où j'ai rechargé un peu mes batteries. Mes amis ont été là. Mais j'ai aussi compris que j'étais totalement en décalage avec ma vie d'avant.
Puis la cerise sur le sunday : je tombe enceinte. 
De jumeaux.
La vie....

Je refais quelques allers-retours en France, entre grossesse à risque et besoin d'aider. 
Fin septembre, on pense que c'est la fin. Je décale mon voyage jusqu'à la dernière limite où c'est sécuritaire pour les bébés de voyager, mais je suis obligée de rentrer en sachant que c'est probablement la dernière fois que je vois maman.
Je suis épuisée. Je suis hospitalisée  au repos complet (sans internet, sans TV dans un chambre double. Déprime) pour menace de travail prématuré (mais les bébés sont top shape). Je mets en branle mon réseau pour nous soutenir, en yoga en méditation, en travail énergétique, en reiki, en chamanisme, en acupuncture. Finalement, les bébés et moi on se rend au déclenchement. Champions.

Sauf que, l'accouchement est difficile, à mille lieu de mon accouchement-à-l'hopital-mais-un-peu-grano-quand-même que je voulais. Les bébés vont super bien. Moi je suis démolie. Et je fais des complications.
Maman s'en va 2 semaines près la naissance des amours, sans que je puisse lui dire au revoir; elle ne savait plus vraiment où elle était.
Pour moi, 2 mois d'allitement, plusieurs allers-retours à l'hopital. Un amoureux absolument fantastique qui gère tout.
Puis, je perds mon grand père.
La vie....

Des bébés adorables mais très exigeants. Fois deux.
Le physique qui commence à se remettre tout doucement. Les deuils que je n'ai pas le temps de faire.
Mon tapis que je n'ai pas déroulé depuis des mois. Mais un atelier de méditation que j'ai facilité et qui était étonnamment facile pour moi.

Le rejet total de tout ces bons conseils de type "force toi de voir le positif dans les épreuves", parce que parfois il n'y en a pas. Il faut juste passer à travers. Go with the flow. En essayant juste de garder les morceaux de soi le plus intact possible, en essayant de ne pas les perdre dans les tempêtes.

Cependant, l'impression que de tout ça va émerger une version plus forte de moi-même. Une version différente, mais plus ancrée, plus centrée sur l'essentiel. Plus en mesure de devenir une professeure de yoga qui incarne ce que je veux incarner.

Pour l'instant, je m'occupe de mes amours, de ma famille et j'essaye de me réaligner avec la vie. De remonter la pente. De refaire mes réserves. Le décalage est toujours là. Ça va demander du travail et beaucoup de douceur.
Chaque chose en son temps.

Mais j'ai envie de recommencer à écrire.
Peut-être ici?

lundi 20 juin 2016

Mon meilleur outil bien-être : Facebook

BOOM.
Oui. C'est étrange ce titre, hein?
Un réseau social, un outil bien être?

Si vous avez un peu suivi, bien que je n'en ai que peu parlé, j'ai passé plusieurs mois physiquement loin de chez moi à prendre soin de ma famille.
Être loin de ses repères, de son amoureux, de ses amis, de ses projets pendant 5 mois, en ayant eu exactement 7 jours de préavis c'est pas exactement super méga facile. Surtout que c'était pas pour une retraite de yoga à Bali, on s'entend.
Physiquement et psychologiquement, il y a l'épuisement, la lassitude, le manque d'ancrage. Le quotidien est chamboulé, il n'y a plus rien à quoi s'accrocher. Plus de moment pour prendre soin de moi, plus de moment pour être seule avec moi-même. Et plus de connexion réelle avec mes proches ici au Québec.

Et bah tu sais ce qui m'a permis de tenir le coup?
Facebook.
Ça a été non seulement le meilleur dispositif d’évitement au monde (tu sais, quand la réalité est juste trop à gérer et que ton cerveau à besoin d'un dérivatif le temps d'avoir la force de gérer le tout? Évitement), mais ça m'a permis de garder contact avec ma vie à moi, loin là bas.
J'ai pu écrire, beaucoup, certains ont dit trop, mais je m'en fiche. J'ai pu choisir aussi qui voyait tout ça, grâce aux paramètres de confidentialité.
J'ai reçu des dizaines de messages, publics ou privés de gens qui sont, grâce à tout ça, passés de connaissances à amis. De gens qui m'ont dit que je leur manquais, de gens qui ont maintenu mon espace et gardé ma place sans que je n'ai à demander. Des gens qui ont pris soin de moi. Et qui ont été là "en vrai" à mon retour.


J'ai pu aussi donner de mes nouvelles lorsque je n'avais pas l'envie ou la force d'écrire 8000 messages perso. Une photo, un mot, pour dire que tout va bien ou que non, ça va pas trop, et les réponses de mes amis qui comprenaient que leur présence virtuelle à défaut d'être physique était indispensable.
Une solidarité, un appui, un amour incroyable. Qui aurait été plus difficile à maintenir sans Facebook.

Alors en cette époque où faire une "détox des réseaux sociaux" est la nouvelle mode, moi je dis prout. Rendez vos réseaux sociaux bienveillants, remplissez-les de gens que vous aimez et qui vous aiment, choisissez votre réseau, faites en sorte d'y trouver ce dont vous avez besoin. Avec les paramètres de confidentialité toujours plus pointus, vous n'avez aucune excuse pour voir des choses que vous ne voulez pas voir ou partager avec des gens avec qui vous ne voulez pas partager. C'est tellement simple.
Pour moi, les gens qui disent que Facebook empêchent de vivre la "vraie vie" ne savent juste pas s'en servir.
Parce que sans mon Facebook (et les gens fantastiques qui le peuplent), moi, je n'aurais pas tenu le coup. Vraiment.

Et vous, vous avez une belle histoire de réseau social à partager?


vendredi 10 juin 2016

Guider mes premiers cours de Yoga

***DISCLAIMER
Professeure de Yoga.
Voilà. J'"enseigne" le Yoga. Je suis donc, logiquement "professeure".
Sauf que, come on, who am I kidding, qui peut réellement prétendre "enseigner" le yoga? L'enseignement requiert une maitrise d'un sujet. La personne qui prétend maîtriser le Yoga n'a rien compris au Yoga.
Le Yoga ne se maîtrise pas, le Yoga se vit. Le Yoga n'est pas quelque chose que l'on apprend, mais quelque chose que l'on transforme. Et nos connaissances en Yoga ne peuvent pas être figées, elles évoluent avec nous.
Je ne considère pas que j'enseigne, je considère que je "transmets" ce que j'ai compris du Yoga à un temps T, ce qui, je l'espère, amène les gens à trouver leur Yoga à eux. À comprendre quelle est leur voie. Et que leur voie est différente de la mienne Je n'ai rien à enseigner à personne.
Transmitteuse? Facilitatrice? Élève éclairée? Il n'y a pas vraiment de mot en fait. On va donc continuer à utiliser "professeure de Yoga" mais je suis pas vendue au concept ;)


Ça brasse, comme on dit au Québec. Ça brasse fort, ces premiers cours de Yoga.
Ça me ramène vraiment à l'égo. Ça me ramène à la personne que je n'ai pas envie d'être mais que je suis un peu. Je ne me suis jamais sentie aussi vulnérable que devant une salle d'inconnus en leggings. Toute nue. Sans rien pour me cacher.
L'égo est là, comme l'envie de plaire. L'envie que les gens t'aiment, qu'ils se disent "MY GOD, c'est la MEILLEURE prof de Yoga que j'ai eu". Sauf que non, le Yoga ça ne fonctionne vraiment pas comme ça.
Plusieurs fois, je me suis retrouvée face à un dilemme: laisser mon égo prendre le dessus et faire ce que les élèves avaient envie de faire. Ou rester dans mon centre et faire ce que je savais être juste, mais qui ne ferait pas l'unanimité pour les personnes présentes.
J'ai fait les deux. Et je vous le mets dans le mille : lorsque c'est l'égo qui dicte mon cours, c'est la catastrophe. Lorsque c'est mon centre qui fait la job, c'est TELLEMENT facile et parfait.
Alors oui, en tant que professeure de Yoga, il faut accepter qu'on ne peut pas plaire à tout le monde. Que certaines personnes ne reviendront pas dans ton cours. Et c'est BEN correct. C'est difficile pour l'égo, mais c'est tellement normal et sain finalement.

Et puis cette peur initiale. De ne pas être à ma place. De faire une pâle copie de ce que mes professeurs m'ont transmis. Du plagiat.
Et finalement non. Lorsque je sors du mental, l'impression viscérale d'être exactement à ma place. D'avoir encore du chemin à faire, bien entendu, mais d'être sur la bonne route. Et puis le sentiment de ne pas faire de plagiat. De plus en plus, je suis capable de mettre ma couleur, mon coeur à moi dans ce que je transmets, à partir des bases que l'on m'a donné. Piocher dans tous mes outils, les passer à travers les lunettes de mon expérience, de mon vécu, de ma pratique et transmettre ma vérité à moi, celle de personne d'autre. Certainement le plus gros des challenges.

Puis cette gratitude envers tous mes professeurs. Je me rends compte à quel point, jusqu'ici, j'ai eu de la chance. J'ai l'impression d'avoir réellement été formée par les meilleurs, en tout cas, les meilleurs pour moi. Parce que je ne suis pas perdue face à tout ça. Parce que j'avance pas à pas avec une base saine, solide et extraordinairement sécuritaire, mais avec assez de liberté pour pouvoir me trouver en tant que professeur sans être le clone de quelqu'un.
Gratitude envers toutes les personnes sur ma route qui facilitent mon chemin en ce moment.

Finalement, je suis certaine que j'en apprends plus sur le Yoga lors de mes cours que les gens en face de moi ;)
Gratitude. Humilité. Respect.

TO BE CONTINUED <3

mercredi 27 avril 2016

Les photos en yoga, l'image que l'on choisi (Partie II)

Je suis vraiment impressionnée par les réactions que j'ai eu suite à la publication de la première partie de ma réflexion personnelle sur les photos et le yoga. Je pensais provoquer une mini shitstorm, me mettre des gens à dos. Au lieu de ça, j'ai eu de vraiment beaux messages de gens que mon post a fait réfléchir. Et même si tout le monde n'est pas d'accord, le débat était intelligent et respectueux. Parfait <3

Forte de cette expérience, j’aimerai partager la suite de la réflexion que j'ai en ce moment, à savoir la problématique des photos d'asanas (postures) sur les réseaux sociaux.
 
Avec la multiplication des réseaux sociaux et l'omniprésence de l'égo et de l'image dans la société on voit la multiplication exponentielle de photos d'asanas les plus acrobatiques les uns que les autres dans notre quotidien. Parce que, qui voudrait voir quelqu'un faire un simple balasana, right?
Pas pas si right que ça en fait.

Lorsque j'avais posé la question sur Facebook il y a un petit bout de temps, vous avez été nombreuses à me répondre que ce genre de photo vous motivaient vraiment, vous incitaient à vous dépasser et à sortir de votre zone de confort. Vous avez été tout aussi nombreuses à me dire que ce genre de photo vous déprimaient, ou pire, qu'elles vous décourageaient de commencer le yoga.
Wait, WHAT?

Certaines choses que j'ai lu m'ont mis mal à l'aise. Le yoga ce n'est pas des postures acrobatiques. En tout cas pas des postures acrobatiques pour faire des postures acrobatiques. Puisque les asanas (postures) ne sont pas un but, mais un moyen d'arriver à Samadhi, l'illumination ultime, à travers la méditation, que l'on prépare avec les asanas.
Ça change un peu la perspective, non?

Souvent, la posture la plus difficile en yoga: rester en silence et en présence avec soi-même.

Et contrairement à ce que fait croire l'instantanéité d'une photo, je ne connais aucun yogi qui fait des handstands, des scorpions, des danseurs ou des équilibres en torsion sans s'être auparavant échauffé en malade. Et avoir pratiqué plusieurs années souvent. (et ndlr: ce ne sont souvent pas les postures les plus acrobatiques qui sont les plus difficiles à réaliser). Mais ça, on ne le voit pas sur une photo.

Personnellement, j'adore voir l'évolution de mes amis ou de yogis que je suis depuis longtemps. Les voir peu à peu maitriser une posture compliquée et le voir documenter sur leurs réseaux sociaux, je trouve ça vraiment super inspirant. Et croyez moi, lorsque j'aurai mon équilibre sur les mains, vous allez en entendre parler solide :)

Mais la question que je me pose réellement lorsque je vois des photos d'asanas complexes estampillés "yoga" c'est : dans quel but la personne a posté cette image? Pour motiver les gens? Pour faire un changement positif dans la communauté? Pour booster son égo? C'est souvent un combo de ces réponses.
Récemment, je me suis désabonnée de plusieurs comptes de yogis qui ne faisaient poster QUE ça: des photos et des vidéos d'elles en train de faire des postures de folie, comme si leur pratique ne consistait que à faire ça. Et c'est peut-être le cas en fait. Sauf que là, on est clairement dans l'égo, et ce n'est personnellement pas ce que je recherche dans le yoga. Parce que dans les enseignements que j'ai reçu, on m'a appris que l'égo n'était pas un ennemi lorsqu'il n'est pas omniprésent, mais qu'il ne devait pas tout de même pas être trop nourri.

Alors oui, c'est CERTAIN que des images de postures ultra exigeantes et impressionnantes vont amener des gens qui ne s'intéressaient pas au yoga à s'y intéresser et c'est tant mieux! Sauf qu'il ne faut pas oublier que ça va également éloigner certaines personne du yoga et ça, c'est vraiment plate "je ne serais JAMAIS capable de faire tout ça, autant ne pas commencer".
Le yoga est une pratique accessibles à tous. J'insiste sur le tous. Aucun "sauf". Les jeunes, les vieux, les athlètes, les handicapés, tous. Si un prof vous donne l'impression que le yoga n'est pas pour vous, changez de prof. Trouvez votre prof, votre yoga, celui qui vous correspond. C'est aussi simple que ça.

Le yoga, ce n'est pas les kramas (variations des postures) avancés à tout prix. C'est le krama qui convient à votre corps à un instant T. Et votre corps est différent de celui de Tara Stiles ou de Kathryn Budig ou de votre voisine de tapis. Il y a des postures qu'on a instantanément, d'autres qu'on doit travailler fort et d'autre qu'on n'aura jamais. Et c'est bien bien correct : c'est le yoga qui s'adapte à nous et pas nous qui devons nous adapter au yoga. Jamais.


Pour terminer sur une note légère, une vidéo très drôle de JP Sears qui met souvent des coups de pieds dans la fourmilière du développement personnel. Une bouffée d'air frais lorsque l'on commence à trop se prendre au sérieux! #LivingLaYogaLoca