jeudi 10 août 2017

La légitimité

La légitimité de ne pas aller bien. La légitimité d'être aidée. La légitimité d’être prof de yoga. La légitimité d'être et de continuer malgré tout.

Après avoir bataillé fort avec mon égo (avant de comprendre qu'il n'y avait pas de combat, juste du lâcher prise), me voilà en face de mon souci de légitimité. Ce souci qui m’empêche de faire des tas de choses. De demander de l'aide quand j'en ai besoin. D'écrire sur ce blog et de guider des méditations alors que je n'ai pas déroulé mon tapis depuis des mois.

Je passe mon temps à dire que le yoga ce n'est pas (que) des asanas (des postures). Que les asanas en vrai, c'est juste fait pour préparer la méditation pour atteindre l'éveil. puis que le yoga a bien d'autre branches qui régissent la vie en générale. Le yoga ce n'est pas de l'exercice.
On"fait" pas du yoga, on vit EN yoga.
Et lorsque l'on vit en yoga on ne peut pas se cacher, pas faire semblant.


Et bien me voilà en plein dedans.
Je me suis rendue compte que j'ai plus été en yoga pendant ces 2 dernières années que toutes les heures passées sur mon tapis. À m'occuper des autres, à apprendre à m'occuper de moi. À appréhender la vie sans aucune zone de confort, avec des racines en suspension et à devoir me ramener constamment dans le présent, juste pour survivre. Oui, survivre.
C'est épuisant. Et incroyablement riche.
Et je remercie tous les jours ce bagage incroyable, ces professeurs merveilleux qui ont croisé mon chemin et qui m'ont outillé pour faire face à tout ça. Pour laisser aller. même si c'est la chose la plus difficile au monde.
Je commence à entrevoir ma propre guérison à travers les épreuves. Je commence à comprendre que ma fragilité est une force. Je commence à reprendre le contrôle de mon pouvoir. Et à comprendre ma légitimité.

Tout ça pour dire que je serai de retour à partir de septembre chez OmYoga pour guider tous les dimanches soir un belle séance de médiation au son des bols tibétains. Puis que je n'ai jamais été aussi certaine d'être à la bonne place.

Et je vais essayer de tout mon cœur d’être de retour plus régulièrement ici. Merci pour vos messages, ils m'ont réellement fait du bien à l’âme.

vendredi 30 juin 2017

De la vie, de la mort et de ce qu'il y a entre les deux.

1 an et 10 jours depuis mon dernier post.
Toute une vie s'est écoulée depuis.

J'écris ce post pour ceux qui me suivent depuis longtemps. Un post beaucoup plus personnel que d'habitude (si tant est qu'on puisse encore parler d'habitude).


Novembre 2015. Coup de fil à 5h du matin. Chez les expatriés, on n'aime pas trop les coups de fil de 5h du matin. On sait que c'est soit la grand-mère qui s'est encore trompée dans les fuseaux horaires soit des mauvaises nouvelles de l'autre coté de l'Atlanique .

Ma maman, toute seule en France, a une maladie grave. Du genre quelques mois à vivre.
Billet d'avion pris pour 1 mois et demi. Finalement, presque 5 mois en France, à veiller des nuits entières, à l'accompagner du mieux que je pouvais entre les médicaments, les méditations anti-douleur, le chamanisme, les bols, les huiles essentielles. 5 mois ou j'ai mis ma vie entre parenthèse grâce à l'appui indéfectible de mon amoureux, où j'ai pu être exactement là où je devais être sans me soucier (trop) de ma vie à Québec. 5 mois où je me suis découvert une force que je ne me connaissais pas. 5 mois à profiter de ma maman encore un peu.
Puis le retour, une accalmie. Une rémission comme ils disent.
2 mois à Québec où je me suis occupée de moi, où j'ai rechargé un peu mes batteries. Mes amis ont été là. Mais j'ai aussi compris que j'étais totalement en décalage avec ma vie d'avant.
Puis la cerise sur le sunday : je tombe enceinte. 
De jumeaux.
La vie....

Je refais quelques allers-retours en France, entre grossesse à risque et besoin d'aider. 
Fin septembre, on pense que c'est la fin. Je décale mon voyage jusqu'à la dernière limite où c'est sécuritaire pour les bébés de voyager, mais je suis obligée de rentrer en sachant que c'est probablement la dernière fois que je vois maman.
Je suis épuisée. Je suis hospitalisée  au repos complet (sans internet, sans TV dans un chambre double. Déprime) pour menace de travail prématuré (mais les bébés sont top shape). Je mets en branle mon réseau pour nous soutenir, en yoga en méditation, en travail énergétique, en reiki, en chamanisme, en acupuncture. Finalement, les bébés et moi on se rend au déclenchement. Champions.

Sauf que, l'accouchement est difficile, à mille lieu de mon accouchement-à-l'hopital-mais-un-peu-grano-quand-même que je voulais. Les bébés vont super bien. Moi je suis démolie. Et je fais des complications.
Maman s'en va 2 semaines près la naissance des amours, sans que je puisse lui dire au revoir; elle ne savait plus vraiment où elle était.
Pour moi, 2 mois d'allitement, plusieurs allers-retours à l'hopital. Un amoureux absolument fantastique qui gère tout.
Puis, je perds mon grand père.
La vie....

Des bébés adorables mais très exigeants. Fois deux.
Le physique qui commence à se remettre tout doucement. Les deuils que je n'ai pas le temps de faire.
Mon tapis que je n'ai pas déroulé depuis des mois. Mais un atelier de méditation que j'ai facilité et qui était étonnamment facile pour moi.

Le rejet total de tout ces bons conseils de type "force toi de voir le positif dans les épreuves", parce que parfois il n'y en a pas. Il faut juste passer à travers. Go with the flow. En essayant juste de garder les morceaux de soi le plus intact possible, en essayant de ne pas les perdre dans les tempêtes.

Cependant, l'impression que de tout ça va émerger une version plus forte de moi-même. Une version différente, mais plus ancrée, plus centrée sur l'essentiel. Plus en mesure de devenir une professeure de yoga qui incarne ce que je veux incarner.

Pour l'instant, je m'occupe de mes amours, de ma famille et j'essaye de me réaligner avec la vie. De remonter la pente. De refaire mes réserves. Le décalage est toujours là. Ça va demander du travail et beaucoup de douceur.
Chaque chose en son temps.

Mais j'ai envie de recommencer à écrire.
Peut-être ici?