vendredi 30 juin 2017

De la vie, de la mort et de ce qu'il y a entre les deux.

1 an et 10 jours depuis mon dernier post.
Toute une vie s'est écoulée depuis.

J'écris ce post pour ceux qui me suivent depuis longtemps. Un post beaucoup plus personnel que d'habitude (si tant est qu'on puisse encore parler d'habitude).


Novembre 2015. Coup de fil à 5h du matin. Chez les expatriés, on n'aime pas trop les coups de fil de 5h du matin. On sait que c'est soit la grand-mère qui s'est encore trompée dans les fuseaux horaires soit des mauvaises nouvelles de l'autre coté de l'Atlanique .

Ma maman, toute seule en France, a une maladie grave. Du genre quelques mois à vivre.
Billet d'avion pris pour 1 mois et demi. Finalement, presque 5 mois en France, à veiller des nuits entières, à l'accompagner du mieux que je pouvais entre les médicaments, les méditations anti-douleur, le chamanisme, les bols, les huiles essentielles. 5 mois ou j'ai mis ma vie entre parenthèse grâce à l'appui indéfectible de mon amoureux, où j'ai pu être exactement là où je devais être sans me soucier (trop) de ma vie à Québec. 5 mois où je me suis découvert une force que je ne me connaissais pas. 5 mois à profiter de ma maman encore un peu.
Puis le retour, une accalmie. Une rémission comme ils disent.
2 mois à Québec où je me suis occupée de moi, où j'ai rechargé un peu mes batteries. Mes amis ont été là. Mais j'ai aussi compris que j'étais totalement en décalage avec ma vie d'avant.
Puis la cerise sur le sunday : je tombe enceinte. 
De jumeaux.
La vie....

Je refais quelques allers-retours en France, entre grossesse à risque et besoin d'aider. 
Fin septembre, on pense que c'est la fin. Je décale mon voyage jusqu'à la dernière limite où c'est sécuritaire pour les bébés de voyager, mais je suis obligée de rentrer en sachant que c'est probablement la dernière fois que je vois maman.
Je suis épuisée. Je suis hospitalisée  au repos complet (sans internet, sans TV dans un chambre double. Déprime) pour menace de travail prématuré (mais les bébés sont top shape). Je mets en branle mon réseau pour nous soutenir, en yoga en méditation, en travail énergétique, en reiki, en chamanisme, en acupuncture. Finalement, les bébés et moi on se rend au déclenchement. Champions.

Sauf que, l'accouchement est difficile, à mille lieu de mon accouchement-à-l'hopital-mais-un-peu-grano-quand-même que je voulais. Les bébés vont super bien. Moi je suis démolie. Et je fais des complications.
Maman s'en va 2 semaines près la naissance des amours, sans que je puisse lui dire au revoir; elle ne savait plus vraiment où elle était.
Pour moi, 2 mois d'allitement, plusieurs allers-retours à l'hopital. Un amoureux absolument fantastique qui gère tout.
Puis, je perds mon grand père.
La vie....

Des bébés adorables mais très exigeants. Fois deux.
Le physique qui commence à se remettre tout doucement. Les deuils que je n'ai pas le temps de faire.
Mon tapis que je n'ai pas déroulé depuis des mois. Mais un atelier de méditation que j'ai facilité et qui était étonnamment facile pour moi.

Le rejet total de tout ces bons conseils de type "force toi de voir le positif dans les épreuves", parce que parfois il n'y en a pas. Il faut juste passer à travers. Go with the flow. En essayant juste de garder les morceaux de soi le plus intact possible, en essayant de ne pas les perdre dans les tempêtes.

Cependant, l'impression que de tout ça va émerger une version plus forte de moi-même. Une version différente, mais plus ancrée, plus centrée sur l'essentiel. Plus en mesure de devenir une professeure de yoga qui incarne ce que je veux incarner.

Pour l'instant, je m'occupe de mes amours, de ma famille et j'essaye de me réaligner avec la vie. De remonter la pente. De refaire mes réserves. Le décalage est toujours là. Ça va demander du travail et beaucoup de douceur.
Chaque chose en son temps.

Mais j'ai envie de recommencer à écrire.
Peut-être ici?

18 commentaires:

  1. J'ai les larmes aux yeux en te lisant, et déborde d'amour aussi. T'es si forte.

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  2. Je viens de lire ton message et je suis très très émue! Étant moi-même une jeune maman expatriée, je ne peux imaginer le stress que tu as vécu pendant ta grossesse et la douleur de perdre ta maman. Tout ce mélange d'émotions entre la venue au monde de tes deux petits trésors et la fin d'une vie de ta propre maman...Tu as toute mon admiration. Je n'ai qu'un enfant et on est d'accord pour dire qu'en avoir deux d'un coup, c'est un gros défi à relever, en plus les allaiter pendant 2 mois! Wow!
    Un jour à la fois, la force est en toi. T'occuper de tes deux amours et déjà un énorme don de soi. Quelques petits plaisirs de la vie quotidienne(voir tes bébés sourire, boire un thé chaud, prendre une bonne douche, manger un petit dessert sucré etc.). Si le cœur t'en dit, écrit d'autres articles car on espère te lire à nouveau.Prends bien soin de toi et de ta famille.
    Maryse

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    1. Merci pour ton message Maryse. C'est effectivement tout un challenge et surtout la plus grosse leçon de laisser-aller de ma vie.
      (Et j'ai été allité 2 mois. Mais j'allaite -mixte- effectivement les 2 depuis 5 mois 😉)

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  3. Voilà un joli texte Alice. Il fait plaisir à lire même si je ne doute pas un instant qu'il a été difficile à écrire. Je te suis de loin :) Je vois passer Les photos :-) J'espère que tu vas bien néanmoins et que les mois qui arrivent te seront De plus en plus doux. Je t'embrasse depuis Paris et je mets pleins de diamants qui brillent avec :-)

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    1. Merci, je prends les bisous et les diamants. Je vais aller bien, ça prendra le temps que ça prendra.
      (Je suis repassée sous mon vrai prénom)

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  4. Les deuils, quelle que soit leur forme, sont difficiles à traverser, parce qu'on ne nous a pas montré comment faire. Tout ce qu'on nous montre, c'est de ravaler notre peine et de tâcher d'oublier. Je te vois brave et courageuse malgré tout, dans les tempêtes que tu as dû affronter et qui ne sont pas encore terminées. Je sais que tu as ce qu'il faut à l'intérieur de toi pour poursuivre ta route et en ressortir grandie. Je te remercie d'avoir écrit ce billet si personnel. Je t'accompagne en pensées et avec mon coeur.

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  5. Peu de mots, mais des pensées et toute mon énergie à t'envoyer depuis Montréal <3
    Prends soin de toi...

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  6. 2 mots : courage et woah. De t'accrocher. Je suis prof de yoga en France, et un ami prof m'a dit y'a peu "tu sais, pour être prof de yoga, je crois qu'il faut être passer dans de sacrés trucs difficiles, pour avoir un certain recul".... Tu es admirable :)

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    1. Je ne sais que à si je suis admirable. Je n'ai pas le choix de faire avec ce qu'on me donne comme carte. C'est certain que ça a un impact sur mon enseignement. À moi de travailler pour qu'ils soit positif 💜

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  7. Je te suis depuis l'ancien blog d'Alice en Québéquie... j'ai eu les larmes aux yeux en lisant ce post. Tu étais en pleine tempête.... je te souhaite de vite te remettre. Fais attention à toi

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  8. Je suis émue ... devenir maman en laissant partir sa maman ... voilà une épreuve.
    Les mots me manquent devant tant de douleur.

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  9. J'ai peu de mots si ce n'est que je vous souhaite une tonne de bonheur à vous quatre.
    Ce n'est rien de comparable mais j'ai accompagné mon grand-père pendant ces derniers instants et deux semaines plus tard, je tombais enceinte. La vie, quoi, toujours ! ♥

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  10. Emilie, ou Alice comme j'aimais à te lire avant... :)

    Je t'envoi pleins d'amour et de lumière à toi et ta famille. <3 Car dans ces moments, les mots ne suffisent à exprimer ce que l'on souhaite dire...

    Peut-être te souviens-tu de moi, via mon blog de l'époque Inspiration Yoga...

    Je reviendrais de temps en temps au plaisir de te lire. Et te souhaite tout le meilleur pour la suite...

    Isis

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Un commentaire choupi, et une petite signature, histoire de savoir qui me parle. Merci :)